Etre ou n'être pas?

gp1314-hamlet.jpgHamlet porté à la scène promet souvent d'agréable surprise surtout dans un théâtre comme la Comédie Française. Sans doute l'une des pièces les plus célèbres de Shakespeare ni totalement tragique ni comique, l'auteur a toujours l'art et la manière de nous faire évoluer dans un univers à part, un univers de philosophie et de poésie. Le casting est impressionnant Ruf et Podalydès en tête et rien que pour voir ce duo d'acteurs exceptionnels cette pièce vaut le détour.

Ils arrivent de façon presque magique à se compléter dans un souffle commun, une danse électrique entre un père et son fils, un héritier et son ennemi, une voix de stentor et une lancinante. Gilles David ( pour ne citer que lui) est comme à son habitude étonnant en campant un Polonius caustique et quelque part un peu bouffon dans son rôle guindé de courtisan opportuniste. Tout est là pour faire de cette tragédie sans-titre.png(traduite au passage par le merveilleux Yves Bonnefoy) un total enchantement, un succès immense mais voila que Dan Jemmett s'en mêle et il transforme l'élégante et torturée "Hamlet" en un ballet grinçant avec un arrière goût usée de club house miteux et de disco. Si seulement il avait voulu réinventer cette pièce comme un règlement de compte mafieux, le décor aurait été parfaitement adéquat, le charme aurait opéré. Mais la nostalgie du metteur en scène et la musique viennent irrémédiablement casser le souffle de la pièce, rendant le spectacle bancal à certains moment, l'obscénité venant remplacé la folie.
Cependant, allez-y en fermant les yeux rien que pour savourer la force et la beauté du texte ainsi que son interprétation, vous ne serez pas déçus.

V. Roland

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